Pourquoi les journalistes ne nous laissent-ils pas relire leurs textes avant de les publier ?

Nos clients et porte-paroles nous demandent souvent pourquoi ils n’ont pas de droit de regard sur les textes pour lesquels ils ont donné une entrevue. La réponse est à la fois simple et compliquée.

Tout d’abord, les journalistes, qui refusent de vous laisser relire un texte, ne veulent pas être impolis, c’est simplement qu’ils sont soumis à des normes journalistiques. Pour le journaliste, vous n’êtes pas son client. Ce dernier c’est le lecteur. Son patron, c’est l’éditeur ou le rédacteur en chef. C’est à ces personnes que le journaliste doit rendre des comptes, et ce sont ces personnes qui ont l’autorité de relire l’article avant de le publier.

Comme le rappelle Brian Myles, ex-président de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec (FPJQ) : « Les organisations journalistiques sérieuses ne donnent pas un droit de regard sur les textes à quiconque », mais M. Myles fait une distinction importante entre le contenu rédactionnel et publicitaire. « Dans le premier cas, c’est une pratique non acceptée. Dans le second cas, c’est permis et on appelle ça des publireportages. »

Ces règles font souvent partie des politiques d’information à l’interne et des conventions collectives. Le document de référence du Conseil de presse, Droits et responsabilités de la presse, en fait une mention explicite à l’article 2.1.7 :

« Sur le plan de la déontologie, ce sont les grands principes d’indépendance des médias qui sont compromis lorsque des parties externes ont un droit de regard sur le contenu. » Explique M. Myles, « Cela est aussi de nature à susciter une apparence de conflit d’intérêts ».

Les codes d’éthiques pour la plupart des médias sont clairs sur le sujet. Enfreindre ces règles peut s’avérer néfaste pour la carrière d’un journaliste. Premièrement, il risque les réprimandes de ses supérieurs, une perte de crédibilité de la salle de nouvelle et possiblement un congédiement.

Pour certains, l’enjeu est encore plus grand : « Faire relire un article à un intervenant, c’est lui octroyer un pouvoir qu’il n’a pas et qu’il ne devrait pas avoir pour des raisons liées à la liberté de presse, » explique le journaliste Steve Proulx, qui aujourd’hui, à travers son entreprise 37e Avenue, emploie bon nombre de journalistes. « Si un intervenant demande à relire un article avant publication, peu importe la raison qu’il invoque, c’est qu’il reconnaît implicitement ne pas faire confiance au journaliste. S’il ne lui fait pas confiance au départ : mieux vaut ne pas lui accorder d’entrevue, tout simplement. » Conclus, M. Proulx.

Règle générale, si un journaliste vous demande une entrevue, dites-vous que vous ne pourrez pas relire l’article avant sa publication. Le journaliste gagne la confiance du public en restant indépendant. Il n’est pas indépendant lorsqu’il soumet ses écrits avant publication à ses intervenants, qui ont alors toute la latitude pour commenter, critiquer, voire décider de ne plus accorder d’entrevue. C’est cette indépendance qui empêche donc les journalistes de vous octroyer un droit de regard.

Vous craignez d’être mal cité ? Lorsque possible, optez pour une solution simple et demandez au journaliste de vous envoyer les questions par courriel. Ainsi vous pourrez répondre sans risque d’être mal cité et cela laisse une trace de votre conversation.

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