Faits alternatifs, fausses nouvelles, post-vérité : comment la crise de l’information influence-t-elle la confiance des Québécois?

La 3e édition du sondage annuel CanTrust donne une vue d’ensemble du niveau de confiance des consommateurs

 

Montréal (Québec), le 24 avril 2018 — La crise de l’information a suscité un regain d’appétit pour les contenus éditoriaux et les sources d’actualité d’une autorité crédible. Les résultats de l’Indice CanTrust 2018 indiquent une croissance considérable de la confiance envers les médias et les publicités traditionnels, tandis qu’il y a une diminution de la crédibilité accordée aux réseaux sociaux, blogueurs et influenceurs, dont l’expertise n’aura pas été prouvée.

L’Indice CanTrust est une étude réalisée à travers le pays pour l’agence de communications Proof (anciennement Environics), basée à Toronto, et son partenaire Capital-Image, de Montréal, qui mesure le niveau de confiance envers diverses sources d’information auprès d’un échantillon de 1 560 Canadiens, dont 584 Québécois.

 

Augmentation de l’utilisation du web, mais de sources crédibles

Depuis la première édition du sondage en 2016, la confiance des Québécois a augmenté de 7 points pour le contenu éditorial (de 56 % en 2016 à 63 % cette année) et de 9 points pour les publicités traditionnelles (de 36 % en 2016 à 45 % cette année).

Cependant, la confiance envers les organisations ou entreprises ayant une présence sur les médias sociaux a diminuée (37 % en 2016 à 35 % cette année) de même que l’on peut noter une légère diminution de la confiance en ce qui a trait aux avis de consommateurs en ligne tel que Trip Advisor (45 % en 2016 à 44 % cette année).

Il est intéressant de constater que 47 % des Québécois font confiance au contenu éditorial partagé sur les sites de nouvelles en ligne (comparativement à 41 % en 2016). Ces résultats indiquent donc que les gens font toujours confiance aux nouvelles en ligne, mais qu’ils sont de plus en plus à la recherche d’actualités d’une autorité crédible.

L’étude dévoile également que la confiance envers les blogueurs a diminuée (28 % en 2016 à 22 % cette année). Les Québécois ont beaucoup plus confiance en un blogueur ou influenceur expert dans son domaine (60 %) et qui partage du contenu authentique (46 %) que s’il possède simplement un grand nombre d’abonnés sans les qualifications (7 %), même s’il est suivi par les amis ou les membres de la famille (21 %).

 

« Ce que l’on constate chez Capital-Image, c’est que le phénomène des blogueurs et influenceurs n’a jamais été aussi présent. Ils gagneront à démontrer leur expertise, à faire preuve de transparence et d’authenticité ainsi que de divulguer s’ils ont été rémunérés pour leurs publications »

— Silvie Letendre, vice-présidente principale

 

Le graphique suivant dresse le portrait des sources les plus prisées des Québécois depuis 2016.

Le niveau de confiance envers les entreprises demeure plus élevé au Québec que dans le reste du Canada

Les Québécois seraient parmi ceux qui accordent le plus haut niveau de confiance aux grandes entreprises (42 % par rapport à 28 % au Canada). On note également une augmentation de la confiance des Québécois envers les petites et moyennes entreprises depuis 2017 (55% à 59%).

«  Comme le Québec compte plusieurs grandes entreprises locales (notamment Desjardins, le Groupe Jean Coutu, Hydro-Québec et Bombardier), la proximité, l’identification et voire même l’attachement des Québécois envers ces entreprises pourraient expliquer en partie cette différence », note Silvie Letendre. « Pour les entreprises actives au Québec, les données du sondage font ressortir à quel point il est important de constamment s’adapter à la clientèle et de s’impliquer activement au sein de la communauté afin de bâtir une plus grande loyauté de la part des consommateurs. »

 

Facebook, Google et l’intelligence artificielle (IA)

  • Facebook a perdu énormément de confiance de la part des Québécois cette année1 : seulement 40 % des Québécois disent lui faire confiance en 2018 par rapport à 55 % en 2017, alors que la confiance envers les autres plateformes technologiques telle que Google (73 %) demeure assez élevée.
  • Le Québec est plus ouvert à l’IA que le reste du Canada : 41 % des Québécois pensent que l’IA peut améliorer leur expérience en tant que consommateur, comparativement à 37 % dans le reste du Canada. Et 47 % des Québécois pensent que l’IA pourrait contribuer positivement à l’économie canadienne par rapport à 39 % au niveau national.
  • IA: Les répondants entre 25 et 49 ans, particulièrement les hommes, sont plus portés à avoir confiance en l’intelligence artificielle.

 

À propos de l’Indice CanTrust 2018
L’Indice CanTrust 2018 a été réalisé pour l’agence de communications Proof (anciennement Environics) en partenariat avec Capital-Image. Il examine les perceptions et les préférences des Canadiens en ce qui a trait aux sources d’information et à la confiance qu’ils accordent envers les entreprises et organisations. Les données recueillies sont basées sur une enquête en ligne d’un échantillon de 1 560 Canadiens de 18 ans et plus, dont 584 Québécois, menée du 18 janvier au 5 février 2018. L’échantillon est représentatif de la population canadienne au niveau national ainsi que par région, âge et sexe. Pour plus d’informations, visitez le CanTrustIndex.ca (en anglais).

 

1 – L’Indice CanTrust 2018 a été mené avant le scandale Cambridge Analytica.